BIENVENUS SUR LE BLANQU'OUT BLOG. SUR CE SITE, VOUS TROUVEREZ TOUTES LES INFORMATIONS DES ACTIONS DES MOUVEMENTS CONTESTATAIRES DU 95, PAR RAPPORT AUX LOIS BLANQUER ET AUX REFORMES ASSOCIEES.
Votée en AG lors de la grève du 4 avril, la journée d’action du 15 avril s’organise sur l’Est du département. Les parents d’élèves organisent une journée école morte dans les établissements, certains professeurs se mettront en grève.
Un rassemblement aura lieu à partir de 11h, à la salle des Vignes Blanches à Sarcelles, pour le « Forum de l’Education Prioritaire ».
Certains parents d’une école ont commencé l’action école morte au lendemain de la reconduction de la grève du 4 avril, puis ce mode d’action a fait du bruit dans les réseaux des parents et une deuxième école s’est lancée avec la grande réussite qu’on lui connaît. 3 médias se sont déplacés en 24h. Fort de cette brillante action coup de poing, ces parents ont invités les parents des autres écoles de la ville à une réunion d’information car avant d’agir il faut être au clair sur le combat que l’on s’apprête à mener. Ce soir, le mouvement prend de l’ampleur. 3 autres écoles se préparent à accueillir des actions écoles mortes et d’autres invitent les parents à des réunions d’informations pour éclairer sur le combat qui est le nôtre.
Les enseignants suspendent la grève après 1 semaine entière de lutte mais le mouvement ne s’essouffle pas, il prend appuie sur un soutien de taille : les parents de nos élèves.
L’avenir de nos enfants nous appelle! Répondons massivement!
Deux députées de LaREm seront présentes le lundi 15 avril à Pontoise, à 19h30. Il serait opportun de saisir cette occasion pour poser toutes nos questions.
Une cinquantaine de collègues s’est réunie pour discuter des suites à donner au mouvement contre la loi de la confiance et ses conséquences directes sur notre métier, notre école.
L’état d’esprit est à l’action commune et rapide pour ne pas laisser le mouvement retomber et s’essouffler.
Plusieurs actions engagées sur les écoles, collèges et lycées de la ville ces dernières semaines :
distributions de tracts devants les écoles, dans les marchés pour les collègues qui étaient en grève aujourd’hui
organisations de réunions d’information pour mobiliser les parents.
Organisations d’écoles » mortes » sur plusieurs écoles à l’initiative des parents d’élèves sollicités.
Des collègues ont reconduit la grève vendredi 05, lundi 08 et comptent la reconduire demain.
Deux dates à noter pour les prochaines actions :
Rassemblement devant la sous-prefecture (2 Rue Alfred Labriere, 95100 Argenteuil, près de la gare) à 12h le jeudi 11/04 (interdegrés et avec le concours des parents)
Apppel à la Grève le jeudi 18/04, avec un rassemblement sur Argenteuil et un manifestation massive l’après-midi
N’hésitez pas à multiplier les actions de tractage, à organiser des réunions publiques dans les écoles (organisées par l’association des parents d’élèves) pour discuter, expliquer, convaincre et mobiliser le plus grand nombre.
Avec la réforme des lycées, les filières ES, L, S sont supprimées. Les
élèves sont amenés à choisir au cours de l’année de Seconde 3 spécialités dans
une liste théorique de 12. Ces enseignements de spécialité déterminent le
« profil » de l’élève qui conditionne la poursuite de ses études. Le
discours officiel insiste sur le « libre choix » de l’élève et
l’incite à « faire ce qui lui plaît ». Cependant…
Tous les usagers et les professionnels de l’éducation seront impactés
dès septembre :
Pour les élèves:
Une fausse liberté et un faux choix: Certains établissements ne proposent que 5 des 12 spécialités, et la majorité n’en propose que 7. Malgré les déclarations ministérielles, l’idée qu’un élève suive une scolarité sur deux établissements pour accéder à toutes les spécialités qu’il désire semble totalement fantaisiste. De plus, certaines associations de spécialités sont impossibles à organiser : ainsi, pour 7 spécialités, il faudrait pouvoir organiser 35 emplois du temps différents (qui correspondent aux 35 combinaisons possibles) pour la seule classe de Première…sans compter les combinaisons supplémentaires découlant des choix de langues vivantes. C’est pourquoi, certains lycées demandent déjà aux élèves de seconde de formuler 4 vœux de spécialités, hiérarchisés ou non, l’un d’entre eux servant de « variable d’ajustement ».
Les bulletins comme première sélection: Les moyens attribués aux lycées par le ministère limitent les places dans les spécialités car ils sont calculés sur la base de groupes de 35 élèves minimum (pour supprimer des postes) et 36 maximum (pour ne pas avoir à payer d’heure supplémentaire!) Vive le pilotage comptable de l’Education nationale ! En Maths par exemple, s’il y a 3 groupes de 35 élèves prévus, soit 105 places, et 120 demandes, les élèves seront mis en concurrence. Les 15 élèves les moins «performants » seront priés d’aller voir ailleurs, et tant pis pour leur projet post-bac s’il inclut des maths. A l’inverse, si une spécialité n’est pas demandée par au moins 30 élèves, elle ne sera pas ouverte. Là encore, tant pis pour les projets post-bac. A quoi bon travailler avec les élèves à un projet d’orientation !
La conséquence pour les parents :
Des choix d’orientation rendus encore plus discriminants: Puisque tous les établissements ne proposent pas toutes les spécialités et les options, les familles qui le peuvent choisiront l’établissement qui paraît proposer la meilleure « offre » pour leur enfant, ou elles paieront des cours particuliers. Les autres inscriront leur enfant dans le lycée de secteur, et il suivra les enseignements disponibles.
Cette réforme crée ainsi artificiellement une pénurie qui a pour but de renforcer un marché de l’éducation dans lequel le secteur privé fera ses choux gras des angoisses scolaires, et des stratégies des familles qui en ont les moyens. Ainsi, options et spécialités avec « forte valeur ajoutée » pour la sélection en post-bac seront effectivement réservée à certains.
Pour les élèves,
Le tri social est permanent: En Première et en Terminale, toutes les notes comptent et sont intégrées sur la plate-forme Parcoursup qui permet aux écoles et universités de sélectionner leurs étudiants. Nul doute que ces conditions vont contribuer à la «réduction du stress » mise en valeur dans argumentaires justifiant la réforme. En outre, 60% de la note du bac est constituée des résultats aux épreuves locales, corrigées par les professeurs du lycée, sur des sujets choisis et sans doute préparés par ces mêmes professeurs. Par conséquent, le diplôme du bac devient local et sa valeur dépendra de la réputation des établissements, donc des territoires où ils sont implantés : centre-ville/banlieue/espaces ruraux. Les inégalités territoriales sont ainsi confortées.
Cette architecture du bac est cohérente avec la réforme de l’orientation (sélection) en post-bac puisqu’elle permet de justifier la création d’algorithmes locaux par les écoles et les universités pour trier leurs candidats selon toute une série de critères : les notes, les appréciations, l’établissement d’origine, le CV, la lettre de « projet motivé ». Si les chiffres pour l’année 2017-2018 des résultats de Parcoursup n’ont pas été communiqués dans le détail, nous savons tout de même qu’environ 15% des bacheliers de 2018 ont démissionné avant la fin de la procédure, faute de réponse satisfaisante à leurs vœux… avec là encore des discriminations flagrantes : 10% des bac pro et 4% des bac techno n’ont reçu que des réponses négatives. C’est donc bien la fin du bac comme premier diplôme universitaire ouvrant la porte des études supérieures.
Pour les professeurs,
Le document de travail Cap 22 du gouvernement sur la réforme de la Fonction Publique donne des orientations claires sur la destruction du statut de fonctionnaire hérité de la Seconde Guerre Mondiale. Il s’agit de « donner davantage d’agilité et de souplesse aux employeurs publics », d’ « assouplir le statut pour offrir la possibilité d’évolutions différenciées, notamment des rémunérations » et « d’élargir le recours au contrat de droit privé », soit pour l’Education nationale: la multiplication des contractuels, et la possibilité ouverte à des étudiants au niveau Bac+2 de servir de « moyen d’enseignement ». A terme, le chef d’établissement, en bon « manager public » pourra recruter, évaluer et décider du salaire de ses employés.
A plus court terme, c’est la fin de la liberté pédagogique pour les professeurs amenés à aligner leurs progressions et leurs contenus de cours par équipe, en fonction des épreuves répétées du bac. Enfin, la pression sociale à la réussite de tous les élèves risque fort de les amener ne plus faire que préparer leurs élèves aux épreuves du bac. C’est la fin d’une école au projet émancipateur, qui forme les futurs citoyens et leur esprit critique. C’est le début d’une nouvelle ère : tests standardisés, élèves « perroquets » qui se contentent d’apprendre par cœur, compétition généralisée (entre élèves, entre établissements, entre enseignements, …), destruction du lien social…
Ce joli projet gouvernemental n’est en fait pas si novateur. Il reprend les codes du néo-libéralisme, et du New Public Management appliqués depuis 40 ans aux Etats-Unis et en Angleterre, étendu ensuite à divers pays de l’OCDE comme les Pays-Bas et la Suède. Dans le domaine de l’éducation, l’échec est retentissant, notamment en Suède. Ce pays recule depuis 10 ans dans les classements PISA, suite à l’application d’une réforme basée sur la privatisation et la « liberté de choix » des familles. Même une grande organisation internationale comme l’OCDE remet en cause ce modèle. Nous sommes donc à la pointe de la modernité !
Le ministre de l’éducation nationale, Jean Michel
Blanquer, accuse ceux qui s’élèvent contre ses réformes, de répandre des
bobards. Il passe son temps à en rectifier, paraît-il. A notre tour. Voici
quelques propos choisis, alors qu’il était l’invité de la matinale de France
Inter, chez Nicolas Demorand, le 28 mars 2019.
“La réforme [du bac et du
lycée], contrairement à ce qu’on entend souvent, ne conduit pas à une
pré-orientation”, pourtant, elle a été conçue dans la foulée du
nouveau dispositif de candidature des futurs bacheliers pour le supérieur,
Parcoursup, mis en place en 2018, dans lequel les formations universitaires
sont appelées à formuler des “attendus”, et les enseignants du secondaires à
formuler un avis sur la capacité de l’élève à poursuivre des études pour chacun
de ses vœux. Les choix de spécialités faits par un élève de seconde pourront
très vite être intégrés à ces attendus, et devenir déterminants pour ouvrir ou
fermer des possibilités d’études supérieures. Cela d’autant plus que le calendrier
du nouveau bac est conçu pour que 75/100 des résultats soient connus au retour
des vacances de printemps, afin d’être pris en compte dans Parcoursup.
“Les élèves auront la possibilité de changer [de spécialité] entre la première et la terminale, le choix sera réversible”, première nouvelle et grosse inquiétude dans les lycées, car cela n’a pas été prévu dans la construction des programmes des spécialités. Comment, en effet, intégrer en terminale un enseignement approfondi dont on n’aurait pas suivi la progression en première? Fort heureusement, cela n’est pas prévu dans la réforme.
“Auparavant les lycéens avaient le choix entre trois séries, désormais, vous allez avoir le choix entre une vingtaine, voire une trentaine de combinaisons possibles”, là, Monsieur Blanquer ignore totalement la réalité du terrain: comment un lycée pourrait-il construire des emplois du temps cohérents pour les élèves et les enseignants, sur la base d’une trentaine de combinaisons de spécialités différentes pour environ six classes de terminales générales? Combinaisons de spécialités auxquelles il faudra ajouter les différentes combinaisons de langue 1 et 2, et d’options? Sachant que les moyens seront très contraints, et ne permettront en aucun cas de démultiplier les groupes de spécialités dans la semaine? Pour des raisons de contraintes budgétaires et techniques, les lycées offriront bien moins de possibilités de combinaisons de spécialités que ne l’affirme notre ministre.
“On pourra suivre une spécialité qui n’est pas proposée dans son établissement dans un autre lycée situé à proximité”, mais comment on s’organise, si une partie des cours de la semaine doit avoir lieu dans un autre établissement?
“Bien sûr, si il reste des
places… on peut parier qu’il y aura moins de problèmes de ce genre qu’avant”, mais rien
n’a été prévu pour créer des nouvelles places.
“Aujourd’hui le sujet pour
le lycée n’est pas tant les moyens ”, en effet, la réforme a pour
vocation d’économiser des moyens, en remplissant au maximum les classes à 35,
et en réduisant les possibilités d’avoir des groupes en effectifs réduits.
“Le sujet c’est d’avoir des
classes moins surchargées parce que mieux réparties, jusqu’à aujourd’hui vous
aviez par exemple des classes de S à 35, et des classes de L à 15” quand c’est
le cas, les 15 élèves de L sont, la plupart du temps, associés à 20 élèves de
ES, ce qui fait une classe à 35, mais Monsieur Blanquer n’en a apparemment pas
été informé. Les dotations horaires qui ont été attribuées aux établissements
pour la rentrée 2019 montrent qu’il ne s’agira pas du tout de mieux répartir
pour réduire les effectifs, mais
plutôt pour les augmenter partout.
“En 2019 nous supprimons des
postes dans le secondaire, mais nous créons des heures supplémentaires, c’est
une opportunité de pouvoir d’achat pour les professeurs.”, les charges
de travail des professeurs ont déjà considérablement augmenté ces dernières
années, sans être reconnues et rémunérées, et le point d’indice, base de calcul
de la rémunération, est gelé depuis 2010. Les professeurs ne souhaitent pas
travailler plus en restant mal payés, mais souhaitent une véritable
reconnaissance de leur travail invisible, et une revalorisation de leurs
salaires.
“La priorité ira à l’école
primaire, où nous créons des postes”, malheureusement, la récente
publication des postes offerts aux concours de recrutement cette année montre
au contraire des baisses importantes dans plusieurs académies.
“Les Etablissements publics des savoirs fondamentaux
(regroupements d’écoles et collèges) seront réalisés là où il y aura du
consensus”, il n’empêche que le projet de loi école de la confiance
donne la main au représentant de l’État dans le département, qui pourra les
créer par un arrêté (Art. L. 421-19-17.), l’article
ne mentionne en aucun cas la notion de “consensus”
“Mon but est de renforcer
les directeurs d’école”, mais ces EPSF, seront sous l’autorité d’un chef
d’établissement qui exercera “simultanément les compétences attribuées au directeur
d’école et les compétences attribuées au chef d’établissement”, habile tour de passe passe: c’est le principal devenu
aussi directeur d’école, qui verra son autorité renforcée, pas les actuels
directeurs d’écoles.
“Les taux d’encadrement de
l’école élémentaire vont être améliorés”, pourtant, on continue de constater
des hausses d’effectifs et des fermetures de classes.
Retour au sujet de la
réforme du lycée, après une question d’auditeur:
“En clair, un élève a le choix entre un petit peu de maths dans le tronc commun, trois heures de maths si il choisit maths complémentaires, six heures si choisit la spécialité, ou neuf heures si il choisit maths expertes: un peu, trois, six, ou neuf”, là, il semblerait que Monsieur Blanquer ne connaisse pas sa propre réforme. A moins qu’il ne mélange sciemment les niveaux de première et de terminale? Les options de trois heures “maths complémentaires” et “expertes” ne sont proposées qu’en terminale, et pas en première. En première, il y a une spécialité de quatre heures, d’un niveau plus élevé que le programme de l’actuelle première S, et le niveau le niveau intermédiaire que constituait l’enseignement de mathématiques en ES disparaît.
En conclusion:
“Je suis complètement dans
le dialogue”, mais celles et ceux qui se mobilisent contre les réformes
sont méprisés, leur mobilisation se serait faite “sur la base d’informations
fausses”. Avec le même sens du dialogue, quand les membres du Conseil supérieur
des programmes ont voté contre les nouveaux programmes du lycée, il n’en a pas
tenu compte. Le dialogue, ici, c’est
“cause toujours”, et mieux” ferme ta g…..”.
Ce 8 avril, les parents de l’école élémentaire des Chênes se sont mobilisés pour montrer leurs inquiétudes pour l’avenir de leur enfants et leur soutien par rapport à la colère du corps enseignant. Un rassemblement a été organisé ce matin devant l’école afin de convaincre les parents de ne pas mettre leurs enfants en classe. Sur un effectif de 188 élèves, 34 présents. Une réunion – débat est prévue demain à 18h30 à l’école élémentaire des chênes. Venez nombreux!!!
D’abord un grand merci aux collègues en lutte de Cergy, d’avoir pris l’initiative de ce blog.
Le collectif Garges-Sarcelles, créé l’an dernier dans les collèges et lycées du secteur, pour se mobiliser contre la diminution de moyens pour l’Éducation Prioritaire, s’est remis en action contre la loi Blanquer, les réformes des Lycées Pro et du Bac général.
Notre première action a été un rassemblement le 30 mars avec le prompt renfort des collègues des écoles devant la gare de Garges Sarcelles, avant d’aller manifester ensemble à Paris. Nous étions une cinquantaine de Parents et professionnels de l’Éducation de nos villes, tant à la station RER, qu’à Panthéon. Mais pas forcément les mêmes.
Nous avons continué à nous organiser : la liste mail Garges-Sarcelles a accueilli de nouvelles adresses, des chaines Whatsapp de ville se sont créées pour rendre les informations plus rapides et plus virales. Dès le samedi de mobilisation les parents nous ont trouvé une salle associative pour réunir une AG commune à Garges-lès-Gonesse le 4 avril.
La grève du 4 avril a été une belle réussite. Presque toutes les écoles touchées par la grève, la plupart pour plus de moitié des enseignants, un quart des écoles de Garges fermées. 70 personnes étaient présentes, 17 établissements étaient représentés : 8 écoles, 6 collèges et 3 lycées. 9 de Garges ; 6 de Sarcelles ; 1 Gonesse et 1 de Villiers le Bel.
Les diverses réformes de l’Éducation ont été abordées, ainsi que celle de la fonction publique. Par les réseaux sociaux et les contacts que nous avons, nous avons été avertis en direct du vote de la grève reconductible par l’AG de Cergy.
Une action locale, mêlant écoles mortes et grève est programmée pour le lundi 15 avril(article à suivre bientôt) . Et une autre est prévue pour la grève de la fonction publique le 9 mai. Elles ont été votées à l’unanimité.
Peut-être enverrons nous une équipe aux Blanquer Games de Cergy le 13 avril. En tout cas nous vous tiendrons au courant via le blog.